Le Bousquet – Préhistoziols Préhistoteens Préhistoolds

Avec Roxane, Faustine, Matilde, Noah, Marielle, Aurélie, Denys et François.

Altissimo Cabestany – Préhistochilds Préhistokids

Avec Daria, Olivia, Kalicya, Nikita, Abel, Denys, Nicolas et François.

Groupe Espoir Escalade Régional Jeunes

Avec Yves Pradeil, André Dorange, Marcel Macaes, Félipé, Igor Martinez et Romain.

Durant les vacances de février, les jeunes du Groupe Espoir Escalade Jeunes Occitanie et ceux d’Île-de-France sont venus nous rendre visite sur nos falaises des Corbières.

Au programme : grimpe, partage sous le soleil des falaises du sud. Dans une ambiance aussi motivée que conviviale, les jeunes grimpeurs ont enchaîné les longueurs et signé de belles croix (L’Archange à vue), face au Canigou.

Mais au-delà de la performance, c’est surtout l’état d’esprit du groupe qui a marqué ces quelques jours : entraide, motivation et passion de la grimpe. Une mentalité qui fait plaisir à voir et qui laisse présager un bel avenir pour ces jeunes talents.

Ces groupes ont vu l’éclosion de grimpeurs de haut niveau, comme Zach passé par la team EB (Les grandes bouches du Rhône, 8c+ à Seynes), Thomas qui mettra la pression à Monsieur Manu Cornu au FIS de Montpellier, Marie, championne de France de vitesse, ou encore Tanguy (Hannigraal, 9b à l’Abattoir).

Sta luego Samuel.

Et au vu de l’énergie et du niveau affichés pendant ce stage, la nouvelle génération semble bien décidée à faire encore plus fort. À suivre sur les falaises !

A ton tour Matilde ?

Un joli cast sur La Devèze réalisé par François Ducet lors de cette session.

J’ai eu la chance et le bonheur de créer ce groupe escalade régional avec André Dorange avec Yves Pradeil.

C’était en 2009, la trentaine, pas encore papa. Je venais tout juste d’être élu comme Délégué Technique Régional Escalade de la région Languedoc-Roussillon. Les régions n’avaient pas encore fusionné. Avec Dédé, Délégué Technique Régional Jeunes, sous l’impulsion et l’impulsivité de papy Yves, nous lancions ce groupe avec la dynamite Marcel Macaes, l’homme qui tombe à pic. À l’époque, les groupes jeunes n’étaient pas encore vraiment dans l’air du temps. En région Midi-Pyrénées, il existait toutefois un Groupe Jeune Alpinisme porté par Christian Biard. Un beau challenge, qui a depuis fait des émules. Puis sont venus Félipé, Adrien, Igor, Romain et tant d’autres !

L’idée était de proposer proposer un dispositif aux jeunes de la région pour vivre à fond leur passion, découvrir la grande voie, le voyage, le partage dans le cadre d’un collectif, accompagnés et encadrés par des passionnés de l’escalade et de transmettre ces expériences aux jeunes. Quasi zéro moyen, mais avec des moniteurs prêts à s’engager sur leur temps personnel pour permettre à ces jeunes de vivre une aventure unique. Il y a des choses qui ne changent pas… J’ai arrêté d’encadrer le groupe sur la session de Claret après la paralysie de mon bras. Beaucoup de souvenirs partagés – de relais cravatés sur brindilles au Thaurac au vide vertigineux des Riglos et surtout un état d’esprit ! La jeunesse n’est pas morte ! Bonnes ondes !

https://cr-occitanie.ffcam.fr/groupes-espoirs-escalade.html

https://www.grimper.com/news-escalade-invite-fise-montpellier

Le « Dit tout laid »

Avec Noah, Arthur, Stéphanie et François.

Stéphanie a envie d’aller découvrir ce petit coin des Corbières.
Noah et Arthur sont disponibles. Go !

Petit bémol : Stéphanie ne maîtrise pas encore les déplacements sur corde. On glisse donc un peu de matériel de réchappe dans les kits, au cas où. Ça va bien se passer… On prévoit large côté timing. Deadline fixée à minuit.

L’initiation est… directe. À la descente, Stéf enchaîne les galères : problème d’éclairage, cuissard du baudrier qui remonte jusqu’à la commissure des genoux, difficulté à se délonger. Mais malgré tout, elle tient bon et finit par assurer comme une pro.

Pause repas au palier -2. Aujourd’hui, c’est grand luxe : on mange chaud, on mange chinois.

Pendant que la miss s’applique à ses recherches minérales, on en profite pour faire un aller-retour express aux étages -3 et -4 : 35 minutes chrono. La remontée s’annonce longue. Je laisse Noah et Arthur, qui ont désormais suffisamment d’expérience. Consigne claire : prendre le temps d’explorer les galeries labyrinthiques, ne pas se mettre en danger, et déséquiper proprement.

Message crypté : Monsieur N., n’oublie pas de prévenir Maman L. de l’heure de sortie, histoire d’éviter qu’elle s’inquiète. Grrrr…

Quand je retrouve Stéf, elle est prête pour la remontée. La gorge un peu — beaucoup — serrée, elle répète les gestes nouvellement appris et commence à prendre de la hauteur. Pousser sur la pédale vers le bas ? Plus facile à dire qu’à faire… Elle comprend la technique, mais s’attache à pousser vers l’avant. Résultat : une remontée… disons laborieuse. Très éreintante. On tape dans le dur. « Poussez fort, Madame, je vois la tête ! »

Elle le vit mal. Se sent nulle. Aucun apprentissage n’est trivial. Tiens ! Ca me rappelle le boulot. En réalité, elle assure grave. Aucune imprudence. À chaque fractio, les règles de l’art sont respectées, longe au bon endroit. Le seul hic : impossible de décrowler seule. Il faut l’aider à franchir l’obstacle. Ah, ce décalage entre danger réel et ressenti… Elle est stressée. Moi, je suis rassuré : elle est sécurisée en permanence sur trois points.

Les garçons nous rejoignent pour la remontée du dernier puits. Ils assurent avec une force tranquille et une lucidité déconcertante. Première fois que je vois Noah fatigué. Et pour cause : il s’est coltiné la remontée du kit avec 110 mètres de corde et toute la ferraille. Quinze bons kilos minimum. Respect gars !

À quatre mètres du palier de sortie, sur l’avant-dernier fractio, en plein vide, sans appui : impossible pour Stéf de décrowler. Épuisée, elle ne parvient plus à se redresser malgré l’aide. «Bon, c’est là qu’on meurt tous.» Avec Noah, on organise un palan couplé à une déviation humaine. Ouf. Sauvés ! On retrouve enfin le plancher des vaches.

Bravo la team ! Les gars ont assuré grave. Et notre « boulet » du jour n’en était finalement pas un.

Huit heures sous terre. Pas vraiment idéal pour une première — et peut-être dernière ? — découverte du monde souterrain sur corde. Mais quelle aventure ! Beaucoup de souvenirs pour tous et dix ans de thérapies économisés pour d’autres.